LES VALEURS: les fleurs avant le pain

Rassemblés par leur commun désir de témoigner de la valeur unique et irremplaçable de chaque personne et de leur amour aux plus pauvres, aux plus abandonnés, particulièrement aujourd'hui aux personnes âgées, les petits frères veulent former une communauté unie par un même idéal et par des liens fraternels. ( ... )
   Statuts art. 001 - les petits frères des Pauvres / France 
L'aventure des petits frères a été jalonnée par un certain nombre d'actions dont quelques-unes ont eu une résonance particulière et valeur de symbole: les châteaux du bonheur, la bague de diamant...

Les châteaux du bonheur : lorsque les petits frères ont, en 1950, organisé des vacances pour les vieillards, ils ont choisi de le faire dans le château de Montguichet.

Il y a eu, après Montguichet, beaucoup d'autres centres de vacances, souvent des châteaux, toujours en des lieux très beaux : La Prée (France), Oka (Canada), Rochelle (Etas Unis) etc.

La bague de diamant : en 1952, à l'occasion de noces de diamant, les petits frères ont offert une bague de diamant à une vieille dame. Après celle-ci, il y eut - bien sûr - beaucoup d'autres bagues de diamant.

achy Photo: Fisk achy

Actions étonnantes? choquantes? merveilleuses? ou simplement : logiques et raisonnables? Il s'est agi, pour les petits frères, dès le premier jour de leur histoire, d'aimer et de servir les vieillards. Pour leur permettre de rester chez eux, les petits frères ont apporté à un certain nombre de leurs vieux amis des repas à domicile. Trois fois par semaine on voyait à l'heure du déjeuner, avec des lourdes gamelles à trois compartiments (entrée, plat, dessert), des hommes sortir des centres petits frères. De tout âge, de tout milieu, étudiants, travailleurs, ils allaient porter ces repas aux vieillards pour leur éviter d'aller à la soupe populaire.

Des repas et, à d'autres moments, des colis ou du charbon.
Mais aussi et en même temps il s'est toujours agi pour les petits frères de vivre avec leurs vieux amis une affection.

des fleurs

Pas de tâche matérielle - le repas servi - sans la tendresse d'un sourire, d'un baiser, sans le temps d'une conversation. Aimer.

Aimer implique des exigences et transforme les comportements. Il est très naturel d'offrir des fleurs aux personnes que l'on aime, d'offrir aux siens les vacances les plus agréables possibles, de faire pour les autres de la bonne cuisine... Il a donc toujours été naturel pour les petits frères de se comporter avec les vieillards comme avec ceux qu'on aime puisque justement ils les aiment.

Superflu? Oui, si l'on peut affirmer que les vieillards n'ont besoin que du nécessaire. Mais quel sens alors croyons-nous qu'ait leur vie si nous leur dénions le droit à ce qui donne un sens à notre vie?

Si «merveilleux» il y a dans l'histoire des petits frères, c'est selon une logique et en toute rigueur. Le mouvement qui porte les petits frères vers les personnes âgées n'est pas un mouvement brusque, leurs rapports ne sont pas un instantané photographique, un cliché. Il s'agit -- chaque fois -- d'une histoire : elle se vit dans la fidélité, c'est-à-dire en essayant d'apporter à chaque vieillard, chaque jour -- et ceci jusqu'au bout -- ce dont il a besoin et ce qui peut lui faire plaisir.

Depuis plus de 50 ans que sont fondés les petits frères, bien des choses ont été faîtes pour les vieillards et leur situation matérielle s'est incontestablement améliorée.

L'action des petits frères a été adaptée aux changements. Mais le mot d'ordre : «Donner des fleurs avant le pain» garde toute sa valeur et sa signification.