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En Pologne, les seniors viennent en aide aux seniors

Une dépêche de l'Agence France Presse en date du 8 mars propose un focus sur l'action des petits frères des Pauvres en Pologne avec un reportage sur l'implantation de Poznan.

Des visites à domicile sont aussi organisées pour tenir compagnie aux personnes isolées et aider celles qui ne sont pas autonomes. "Cela fait six ans que je vis seule, depuis que ma fille est morte à la suite d'une maladie soudaine", raconte Janina Kaliszan, 80 ans, qui souffre de malvoyance, de diabète et d'hypertension. Maria Tytula, elle aussi senior et bénévole des petits frères des Pauvres, est venue rompre sa solitude. "On fait des courses ensemble, on se promène, on va au cinéma, chez le médecin. On se complète", commente Maria, soulignant que Janina sortait rarement de chez elle quand elle l'a rencontrée. Les deux femmes, devenues presque inséparables, se voient régulièrement depuis un an. "J'essaye par ma présence et par le temps passé avec elle, de lui rendre la vie plus agréable", ajoute-t-elle. Mais elle reconnaît qu'elle ne peut plus faire d'efforts physiques importants pour l'aider dans des tâches pénibles.

Depuis la création de l'association en France en 1946 par Armand Marquiset, les petits frères des Pauvres sont présents en Allemagne, Espagne, Irlande, Suisse, Etats-Unis et Canada. Depuis 2002, la Pologne est le huitième et dernier pays en date où ils se sont implantés. L'association y est présente dans trois grandes villes : Varsovie, Poznan et Lublin. "Avant l'entrée de la Pologne dans l'Union européenne, de nombreux bénévoles sont partis se former en France. Du coup, au début des années 2000, c'est l'association en France qui a voulu qu'on fasse partie de la Fédération internationale des petits frères des Pauvres", explique Anna Kosikowska, présidente de l'association à Poznan. Elle-même a passé cinq mois en formation à Lille, Dunkerque et Paris. Les premières années après leur création en Pologne, les petits frères des pauvres polonais étaient soutenus financièrement par des entreprises françaises.

Depuis 2006, ils sont désormais autonomes. A Poznan, les projets de l'association sont financés par la ville à hauteur de 80 000 zlotys par an (20 000 euros). "Cet argent sert à rémunérer nos deux employés, financer les sorties culturelles pour les personnes âgées, ainsi que des projets plus importants", ajoute Anna. Un temps envisagés, des échanges avec la France n'ont finalement pas abouti. "Le transport est bien trop compliqué à organiser. Il faut garder en tête que ce sont des personnes âgées et qu'un tel voyage est très fatigant pour eux. En revanche, on est en contact permanent avec nos homologues français qui nous transmettent tout leur savoir en terme de formation", affirme-t-elle.

POZNAN (POL) - 8 mars 2012 - AFP

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Rosemarie, bénévole à Chicago pendant 10 mois

A la suite d'un stage effectué à la Fraternité Paris Saint-Maur, Rosemarie est partie 10 mois à Chicago comme "volunteer" chez les petits frères locaux. Retour sur expérience.

J'étais déterminée à partir à l‘étranger après mes études de Conseillère en Economie Sociale et Familiale (travailleur social) mais je ne savais pas encore où. J'ai eu l'opportunité de faire mon stage de fin d'étude à Saint-Maur chez les petits frères des Pauvres. C'est ainsi que j'ai appris qu'il existait d'autres associations du groupe à l'étranger.

Après avoir échangé sur mes motivations avec la responsable des volontaires de Chicago, je décidais de me lancer dans l'aventure. J'allais devenir volontaire pour 10 mois à l'association Little Brothers Friends of the Elderly à Chicago. Fraîchement diplômée, j'achète mon billet d'avion pour Chicago.

A Windy city: très bon accueil ! Je vivais à l'association avec d'autres volontaires. Après quelques temps d'adaptation (notamment pour la langue), j'ai trouvé mon rythme. L'association a pour mission de vaincre l'isolement des personnes âgées. J'avais diverses missions. En effet, chaque mois, je visitais deux fois 25 personnes en situation d'isolement. Nous pouvions manger ensemble, aller au musée, se promener...

J'ai vécu une expérience très riche humainement et me suis attachée aux personnes que je visitais. Elles me racontaient leur vie, leurs angoisses, leurs joies. Chaque week-end, l'association organise des repas conviviaux. Je conduisais les personnes pour la fête et les raccompagnais chez elles. Pendant la semaine, l'association organise des ateliers (informatique, cinéma, café, arts...). J'étais responsable de l'animation de l'atelier cinéma du vendredi. C'était l'occasion de déjeuner ensemble et de regarder un film. L'association - mais aussi la ville - est rythmée par les fêtes : Halloween, Thanksgiving, Noël, la Saint-Valentin, la Saint-Patrick, Pâques). Autant de moments où l'on partage et l'on apprend à connaître son voisin de table.

Avant mon voyage, j'avais l'idée que Chicago était une ville froide, industrielle et peu accueillante. Fait-il vraiment froid ? Oui ! J'ai même eu l'occasion d'être présente pendant un blizzard (une grosse tempête de neige) qui a bloqué la ville pendant deux jours. Mais je peux vous rassurer en disant que l'été est plutôt chaud. Les gens sont-ils peu accueillants? Pas du tout, j'ai trouvé les personnes très amicales et ouvertes. J'ai été marquée par la ségrégation des «blancs» et des «noirs». Typiquement américain, les personnes vivent en communauté.

La ville est aussi chaleureuse et accueillante. Je m'y suis beaucoup plu. Je retiens la bonne humeur de mes collègues bénévoles, le froid et surtout le sourire des personnes que j'ai rencontrées. Je suis très heureuse d'avoir vécu cette riche expérience. J'espère pouvoir retourner à Chicago dans quelques années.

Rosemarie

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