

La France connaît un vieillissement important de sa population : en 2025, plus de 28 % de la population a 60 ans ou plus. Cette proportion devrait approcher un tiers à l’horizon 2050, tandis que le nombre de personnes âgées de 85 ans et plus devrait presque doubler.
Ce vieillissement s’accompagne d’un enjeu majeur d’isolement social. En 2025, 2 millions de personnes âgées sont isolées de leurs cercles familiaux et amicaux, soit une augmentation de 120 % en huit ans. Parmi elles, 750 000 personnes sont en situation de « mort sociale », c’est-à-dire privées de relations avec leurs différents cercles de sociabilité. Ce nombre a augmenté de 42 % en quatre ans.
La solitude reste également très présente : 2,5 millions de personnes âgées se sentent seules tous les jours ou presque, tandis que, pour 4,2 millions d’entre elles, ce sentiment perdure depuis plusieurs années. Les personnes de 80 ans et plus ainsi que les personnes âgées en situation de pauvreté sont particulièrement exposées.
Fondée en 1946 par Armand Marquiset, l’association Petits Frères des Pauvres lutte contre l’isolement et la précarité des personnes âgées.
Son action repose avant tout sur la création de relations humaines durables et de proximité. Les bénévoles vont à la rencontre des personnes âgées isolées, créent avec elles des liens de confiance et les accompagnent dans la durée. L’objectif est de permettre à chacune de retrouver une place dans la société, de maintenir son autonomie et son pouvoir d’agir et, plus largement, de retrouver une dynamique de vie.
L’association intervient également lorsque les situations nécessitent un accompagnement plus global : aide matérielle, accès aux droits, soutien face à la grande précarité, accompagnement de la fin de vie ou encore solutions de logement. Parallèlement, elle mène des actions de sensibilisation et de plaidoyer afin de faire évoluer le regard porté sur la vieillesse et de mieux faire entendre la voix des personnes âgées isolées.
Être présent, régulièrement, là où vivent les personnes âgées isolées : à domicile, en EHPAD, à l’hôpital, en foyers de vieux migrants, en milieu carcéral.
Ce qui ne change pas, d’une visite à l’autre, c’est le besoin fondamental : être écouté, être vu, exister pour quelqu’un.
Goûters, repas de quartier, sorties, séjours vacances : en 2025, 66 000 repas ont été partagés, 2 800 personnes ont pu partir quelques jours et 14 000 ont fêté Noël avec une équipe de bénévoles. C’est la régularité qui crée le lien.
Plus d’une personne âgée sur dix vit sous le seuil de pauvreté. Accès aux soins difficile, logement inadapté, démarches administratives infranchissables : l’Association ne se substitue pas aux dispositifs publics, mais prend le relais et alerte, avec 1,8 M€ d’aides versées en 2025.
Au cœur du modèle des Petits Frères des Pauvres se trouve l’accompagnement dans la durée des personnes âgées isolées. Des bénévoles organisés en équipes rendent régulièrement visite aux personnes accompagnées, partagent avec elles des sorties, des repas et des moments du quotidien.
Ces rencontres permettent de recréer progressivement des relations de confiance et de rompre avec un isolement parfois installé depuis plusieurs années. L’accompagnement est adapté aux envies, aux besoins et au rythme de chaque personne.
Les Petits Frères des Pauvres organisent des journées et séjours de vacances adaptés afin de permettre à des personnes âgées qui en sont souvent privées de changer de cadre, de vivre de nouvelles expériences et de créer du lien.
En 2025, l’association a fait du droit aux vacances pour tous une priorité d’engagement, avec l’ambition d’augmenter le nombre de personnes pouvant partir dans des conditions adaptées et sécurisées.
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